Poèmes

Te souviens-tu…

Te souviens-tu, quand nous chassions ensemble, dans les herbes dorées…
Quand nous chantions ensemble, assis dans la forêt…
Ces moments où chacun était un bout de nous…
Et quand nous disions moi, cela voulait dire nous…
Te souviens-tu alors, quand nos arcs chantaient,
les mouvements des étoiles, la naissance du monde…
Ce temps où le mystère habitait tous nos gestes…
Et la banalité était perle sacrée…
Ce temps où nous dansions pour incarner l’Esprit, la merveille des merveilles, le soleil dans le cœur…
…Dans cette communion, où nous sentions la trame, qui relie toutes choses…

Je suis parti si loin, pour explorer le monde…
Tant de choses vécues, que j’en porte les marques…
Je suis comme une piste, foulée par un troupeau, de dix millions de bêtes…
Et j’espère la pluie, pour effacer le temps, et dire qui je suis…
Car l’instant est venu, à la fleur du destin, d’émaner son parfum, sa véritable essence…
Qui me guide vers la source, du premier homme que je fus…
Qui me guide vers l’esprit, la première intention…
Qui me rend la mémoire, d’avant moi…

Ange

Le guerrier du dedans, qui répond au signal
Profondément ancré, plus loin que sa mémoire
Ange du grand mystère, Le moment est venu
Il le sait malgré lui, il se relève…
déploie ses ailes d’azur, sous une pluie de cendres
et détourne ses yeux, des laideurs irréelles
pour entendre le son, qui fait bouger la vie
le tout puissant courant, du fond de l’univers…
le chemin du retour, qui se fait au dedans
invisible parcours dans l’aventure suprême
que personne n’entend, pas même pour lui-même
car des yeux pleins de larmes ne peuvent y voir clair
au delà du dedans, au delà du dehors…
le véritable sens, de l’envers du décor
si impossible à croire, que la roue tourne encore
des habitudes lasses dans une prison d’efforts…
Le germe de l’esprit poussé par sa lumière
soulève l’épaisse gangue au visage effrayé
Ne laissant derrière lui qu’une coquille vide
Un silence paisible, la douce vérité…

Libre

Comme une perle d’or, dans une bulle de cristal
flottant dans le liquide qui le fait être humain
filtre de perception tout rempli de mémoires
transparent de naissance, comme un puits de lumière…

Comme une perle rare, encrassée de calcaire
détritus du savoir, concrétions d’habitudes
dans un liquide épais où gémissent des mères
où des mirages fous font leurs lois insensées…

Comme une perle bleue, immaculée, intacte
plongée dans un acide, criant la vérité
qui fait fondre la pierre et les lois impossibles
et redonne naissance au vrai nom oublié…

Que l’eau polluée décante, absorbée du dehors
dans l’ultime secousse, aux parfums de la mort
le destin merveilleux qui se révèle enfin
derrière son habit sombre, de malheurs incompris…

Le mystère absolu, que cache la souffrance
d’une beauté sans nom qui a tout donne sens
dans la pure clarté, la divine confiance
de la perle nacrée, bien aimée du soleil…

Premier jour

Dans la nuit parsemée de rêves, Je vois des choses inconcevables,
apparaître dans ma conscience,elles me semblent venir d’ailleurs…

Et quand je fixe les ténèbres,espérant voir ce qu’est le noir,
je vois des millions de paillettes,pleines de lumières et de couleurs…

Et si le noir n’existe pas, qu’en est-il alors du silence,
quand j’entends palpiter mes veines,dans ce corps qui n’a pas de fond…

Car tout objet trahit mes sens, leur faisant croire à du solide…

Mais qu’en est-il de l’immobile, si je vois vibrer son image,
d’ondes habitées par le mystère,la vitalité du sauvage…

Et qu’en est-il de l’extérieur, si tout ce que je sens de l’autre,
se passe en moi et pas ailleurs…

La vérité est une femelle, irrésistible et dangereuse,
innocente comme une baleine, vierge torride et allumeuse,
vêtue d’un voile interminable disant l’absolue nudité,
Qui brûle les coeurs envenimés dans un nuage d’absurdités…

…Et bénit l’amour du plus pauvre,d’une infinie miséricorde,
lui faisant voir ce qu’est le rêve, et d’un coup d’un seul, tout comprendre…
transmutant toutes choses en une seule,
reliées jusque bien avant l’aube,
le courant de la destinée, tissage d’or dans un monde en guerre…

Dans un soleil de gratitude, inondé du son créateur,
Redevenu un enfant sage, il renonce enfin au bonheur…
libéré de tous les mirages, et du sentiment d’abandon,
les yeux brillants comme des étoiles,il contemple le premier jour…

Rêve

Dans un songe, ballotté, presque ici, ou ailleurs,
les deux en même temps, comme soufflé par le vent…
Vent du sud, vent du nord ?

L’incassable béton, comme du sucre dans l’eau,
se dissout violemment, dans un déluge de son,
et ton visage change, mais je sais que c’est toi…

Comme une chrysalide, je ne peux plus bouger,
et rêve d’un futur, grandiose et incroyable…
Sans rien savoir du tout…

Des anges et des démons, dansent dans ma conscience,
Bouillie intelligente, pleine de secrets pour moi…
Traversée par un fil, qui monte et qui descend…

Transporté par les vagues, vers le haut, vers le bas,
Je suis seul en ce monde, la cité a sombré,
et mon corps qui me parle, d’un mariage céleste…

Au cœur de la tempête, dans une vaste voûte,
enivré de ciel bleu, pourchassé par la foudre,
Je suis derrière mes yeux…

Dans ce mystère sans fond, où il n’y a pas de fin,
rien que des sentiments, taisant leur origine,
d’un amour absolu, sur le bout de la langue…

Seul avec tout

Sur sa petite pirogue, il suit le grand courant,
bousculé par les eaux, et les roches saillantes,
emporté par un flux, d’horizons inconnus,
il traque l’équilibre, dans le centre de tout…

habité par la foi, malgré les ombres folles,
ivre et émerveillé, par le miracle d’être,
il vogue doucement, dans le chant des oiseaux,
possédé par la grâce, qu’émane le vivant…

Il est parti comme ça, sans grand équipement,
En laissant derrière lui, tous les autres chemins,
les prodiges nacrés,les belles traditions,
pour voyager léger, libre et sans vêtements…

Comme le premier homme, à l’aube des connaissances,
enfant dans la nature, avec Dieu pour seul père,
spontané dans les gestes, pur dans ses intentions,
Il incarne l’esprit irriguant la matière…

Le mystère se donne, parfois à l’ignorant,
dédaignant par là même, l’érudit légitime,
pourquoi courir alors après tous les diplômes,
S’il nous manque l’amour, seul à ouvrir la porte…

Viens…

Viens mon âme
aujourd’hui
et remplis mon calice
de ton nectar sacré
qui fait danser mon être
de ta pure présence
qui inonde mon coeur
d’un azur sans limites
d’une infinie beauté…

viens mon âme
il est temps
ma vie n’a plus de sens
j’ai épuisé mes fuites
j’ai épuisé le monde
et j’erre quelque part
entre deux univers
juste après l’agonie
il n’y a plus que toi…

viens mon âme
maintenant
et ne faisons plus qu’un
la fusion merveilleuse
la confiance et la paix
plus jamais recouvertes
plus jamais oubliées
célébrer notre union
d’un amour éternel…

Laisse…

Laisse-toi posséder par le souffle divin…
Laisse-toi consumer par le courant béni
qui te ramène enfin au silence infini
Le vide omnipotent d’où émerge la vie…

Laisse entrer l’énergie, du fond de l’univers
laisse vibrer sa puissance, jusqu’au fond de tes veines
pour qu’elle te vide enfin de ce qui n’est pas toi
tout ce qui peut mourir ne te manquera pas…

Laisse brûler les angoisses dans un affreux vacarme
agonie du geôlier tout fardé d’illusions
sentiments pétrifiés mus par ta seule foi
carburant de la guerre, ou élixir de joie…

Laisse l’amour surhumain envahir tout ton être
sublimer ton éclat dans cet instant unique
en ce premier matin, le grand ciel bleu c’est toi
un monde étincelant, de fleuves et de rivières…

Aujourd’hui tout commence, et ce depuis toujours
car tout ce que tu vois n’est qu’un seul et même être
rêvant des vies d’oiseaux, de fleurs et de planètes
rêvant qu’il est un homme, seul au milieu des autres…

Aujourd’hui tout commence, et toi tu es cela
qui trouve dans le présent sa profonde origine
et voit dans tous les yeux cet être merveilleux
le complice éternel aux millions de visages…




Origine

Bien au delà du monde, de l’espace et du temps,
au delà des pensées et des interférences,
dans un lieu inviolé, sans aucun parasite,
vibre un être divin, bleu comme au premier jour…

Paisible et sans limites,débordant d’énergie,
Il dispense ses dons, dans toutes les directions…
Au delà des rivages, et des polarités,
ignorant l’impatience et les contrariétés…

Par delà les souffrances, et les égarements,
de plusieurs millénaires d’ignorance et de doutes,
souriant, silencieux, en dedans, il m’attend…
et son amour cosmique caresse mon chemin…



Printemps

Demain dans la campagne, les hommes marcheront,
les pieds nus sur la terre, le coeur pur dans les yeux…
Des maisons rondes et belles, amoureuses des fleurs,
comme des femmes épanouies, dans des familles heureuses…

Demain dans la nature, les enfants grandiront,
avec pour seule école de découvrir leurs dons…
Chacun verra les autres dans ses moindres pensées,
et les affinités, jamais plus entravées…

Demain dans l’univers, vibrera une planète,
d’un amour si intense, qu’elle en sera lavée…
Comme un être divin, rayonnant de puissance,
D’une énergie si belle, qu’elle en sera sauvée…

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